Vera Jud
c’est une série de 20 bas-reliefs que l’artiste vera jud présente cet automne à la galerie séries rares.
morceaux de stéatite, pierre au grain fin et serré, au toucher soyeux, essentiellement travaillés à la lime – à la main, en tout cas – dans lesquels l’artiste va déloger ses sujets. la simplicité de l’exécution, la patience du travail dévoilent dans la roche des instantanés, corps seuls, à deux, sensibles, paisibles, endormis, tendres, enlacés. on prête parfois des vertus d’apaisement aux pierres. on ne peut s’empêcher alors de se demander si c’est elles qui ont insufflé tant de tendresse que l’on retrouve dans chacun de ces portraits.
ce sont des sculptures que l’on veut spontanément toucher tant la pierre retient la lumière. les volumes, les ombres et les marbrures apparaissent dans la matière devenue crémeuse et souple sous le travail de ponçage, de lissage et de lavage minutieux de l’artiste. chaque sculpture révèle alors l’intensité de teintes grises, bleues, vertes ou noires parfois, traversées de veines qui viennent animer la pierre.
rien ne nous engage plus que la rencontre qui peut se faire avec une œuvre et rien ne nous dénude plus que l’intensité qui peut alors se produire. c’est à une de ces rencontres que cette série nous invite.
@hel
Monique Kozuchowski
- Le vent mon ami a soufflé les braises de mon rêve laissant danser les pensées du jour
Un geste se donne. Il trace un signe, un élément, une couleur – une forme apparaît – mais donne-t-il un regard ?…
Qu’est-ce qui est vu et redonné ? Une sensibilité, un processus, une émotion, un effet, une représentation ?
Qu’est qui disparaît quand on reprend, quelles possibilités s’ouvrent au prochain coup de crayon, de pinceau ?…
- Un rêve de papier s’envole avec les papillons de nuit
L’accident est convoité.il arrive de tout façon : une maladresse, une envolée, un rire, une colère.
Un jeu d’enfant avec tout le sérieux…
Une cuisine où la mixité des outils est souveraine : encres, crayons gras, peinture, collage.
- Les pensées éphémères… dans l’air, des couleurs réajustent leur lumière
Face à face, quelque chose dans les yeux, une sensation d’être vu et du plaisir de voir.
La couleur bouge, s’évapore, revient éclaircie, mélangée. Comment trouver ce que cette figure demande ?
Une alchimie qui demande patience, reprise et allégeance à quelque chose d’intime et d’infime.
Monique Kozuchowski
